Le Guilvinec

120 années d'histoire de Guilvinec

1903 : Expulsion des Sœurs de l'Ecole Sainte-Anne L'école Sainte-Anne fut construite à la suite du séjour au Guilvinec des Sœurs de la Congrégation du Saint-Esprit de Saint-Brieuc, demandées en 1894 par le préfet pour soigner les malades d'une nouvelle épidémie de choléra qui fit 32 morts. Cinq religieuses dont Sœur Pauline enseignaient à 150 élèves répartis en 3 classes. A cette époque, les rapports entre l'Eglise et l'Etat étaient régis par le Concordat voulu par Bonaparte en 1801.

En 1902, arriva à la tête du gouvernement le radical-socialiste Combes, ancien séminariste devenu anticlérical militant. Soucieux de diminuer l'influence de certaines congrégations sur l'éducation de la jeunesse bourgeoise, il leur refusa le droit d'enseigner. La Congrégation des Sœurs du Saint-Esprit fut visée par la loi alors qu'elle enseignait pourtant dans les milieux populaires. L'expulsion des congrégations non autorisées provoqua en Bretagne des incidents et des manifestations parfois violentes. Les commissaires chargés d'appliquer la loi durent se faire accompagner de gendarmes et de troupes à cheval.

Au mois de juillet 1902, la communauté du Guilvinec vécut dans l'angoisse de l'arrivée des autorités. Des parents d'élèves assuraient la garde, prêts à rameuter la population. Le 8 août, deux commissaires accompagnés de gendarmes et de la troupe se présentèrent tôt le matin devant l'école. La cloche battit aussitôt le rappel. Des femmes sans coiffe, les cheveux en désordre, accoururent de partout, conspuèrent les commissaires et crièrent "Vive les sœurs !". Après l'inventaire des meubles, les scellés furent apposés sur la porte d'entrée mais arrachés par des "inconnus". Les sœurs acceptèrent de céder à la force, quittèrent l'école et se réfugièrent dans des familles où elles continuèrent d'enseigner à une poignée d'enfants.

   

 L'école ne fut pas fermée. Elle rouvrit ses portes au mois d'octobre avec des enseignantes en habit laïc. Somme toute, l'expulsion se fit relativement calmement. Il n'en fut pas de même à Treffiagat où les deux commissaires trouvèrent une foule massée aux abords de l'école. L'entrée était gardée par des défenseurs armés de barres de fer. Les agents de l'autorité furent accueillis par une grêle de pierres. Il fallut faire appel à des renforts du 118e de Quimper. Les scellés furent arrachés par M. Le Gouvello de la Porte qui fut convoqué au tribunal.

1905 Après le naufrage du "Marengo", patron Henri Kersalé, perdu corps et biens avec 11 hommes à 10 milles au large des Etocs et dont aucun ne fut retrouvé, "l'Amiral Gervais", sorti un dimanche soir pour mouiller ses filets de maquereaux alors que la mer forcissait, disparut lui aussi avec 8 hommes; on retrouva ses filets à la dérive.

 1906 : Inventaire des biens de l'Eglise Le successeur de Combes appliqua la loi de séparation des Eglises et de l'Etat votée en 1905. Ce fut la fin du Concordat ; le budget des cultes fut supprimé et les biens de l'Eglise devaient être rétrocédés à des associations de fidèles dont le pape refusa la constitution. Cela créa un climat détestable et l'État finit par confisquer les biens. Le 12 mars 1906, le fonctionnaire chargé de l'inventaire fut accueilli au Guilvinec au son du …


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